
Vous ressentez une douleur au genou en montant ou en descendant les escaliers ? Cette gêne est fréquente et peut concerner les sportifs, les personnes sédentaires, les adolescents comme les adultes plus âgés.
La douleur peut apparaître devant la rotule, à l’intérieur du genou ou plus profondément dans l’articulation. Elle ne signifie pas nécessairement que le genou est gravement abîmé. En revanche, lorsqu’elle persiste, il est important d’en rechercher la cause afin de mettre en place un traitement adapté.
Le syndrome fémoro-patellaire, l’arthrose, une irritation tendineuse ou une lésion méniscale font partie des causes possibles. Un bilan réalisé par un professionnel de santé permet de préciser l’origine de la douleur et d’éviter qu’elle ne devienne chronique.
Pourquoi le genou fait-il mal dans les escaliers ?
Monter et descendre les escaliers demande davantage de force et de contrôle que marcher sur un terrain plat. Le quadriceps, les muscles fessiers et les muscles du mollet doivent travailler ensemble pour stabiliser le membre inférieur.
Lorsque le genou se plie, la rotule glisse dans une zone située à l’extrémité du fémur. Plus la flexion augmente, plus les contraintes exercées sur l’articulation entre la rotule et le fémur deviennent importantes.
Une douleur peut alors apparaître si les tissus ne tolèrent plus correctement cette charge. Cela peut arriver après :
- une augmentation rapide de l’activité physique ;
- une reprise du sport après une période d’arrêt ;
- une randonnée ou une marche inhabituelle ;
- des entraînements répétés en course à pied, en salle ou au padel ;
- une faiblesse musculaire ;
- une ancienne blessure du genou ;
- une période d’immobilisation ;
- une modification de la façon de marcher ou de courir.
Quelles sont les principales causes d’une douleur au genou dans les escaliers ?
1. Le syndrome fémoro-patellaire
Le syndrome fémoro-patellaire, parfois appelé syndrome rotulien, constitue une cause fréquente de douleur à l’avant du genou.
La douleur est généralement ressentie autour ou derrière la rotule. Elle peut être déclenchée par :
- la montée ou la descente des escaliers ;
- les squats ;
- la course à pied ;
- les montées et descentes ;
- une position assise prolongée ;
- le fait de se relever d’une chaise.
Certaines personnes ressentent également des craquements. Un genou qui craque sans douleur n’est pas nécessairement pathologique. En revanche, un craquement accompagné de douleur, d’un gonflement ou d’un blocage mérite une évaluation.
Les recommandations cliniques privilégient notamment des exercices progressifs ciblant à la fois les muscles de la hanche et ceux du genou pour diminuer la douleur fémoro-patellaire et améliorer la fonction.
2. L’arthrose du genou
L’arthrose du genou, ou gonarthrose, peut provoquer une douleur pendant la marche, dans les escaliers ou au moment de se relever. Elle peut également s’accompagner de raideur, d’une réduction de la mobilité et parfois d’un gonflement.
Elle devient plus fréquente avec l’âge, mais une image d’arthrose sur une radiographie n’explique pas toujours à elle seule l’intensité de la douleur. Les symptômes et les capacités fonctionnelles doivent également être pris en compte.
3. La tendinopathie rotulienne
La tendinite rotulienne, plus précisément appelée tendinopathie rotulienne, provoque généralement une douleur localisée sous la rotule.
Elle concerne souvent les personnes pratiquant des sports comprenant des sauts, des changements de direction ou des accélérations, comme :
- le padel ;
- le football ;
- le basketball ;
- la course à pied ;
- le CrossFit ;
- certains exercices de musculation.
La douleur peut apparaître pendant les escaliers, les squats, les sauts ou les accélérations. Elle est souvent liée à une charge trop importante ou augmentée trop rapidement par rapport aux capacités du tendon.
4. Une lésion ou une irritation du ménisque
Les ménisques sont des structures situées entre le fémur et le tibia. Ils participent à la répartition des contraintes et à la stabilité du genou.
Une irritation méniscale peut provoquer :
- une douleur sur le côté interne ou externe du genou ;
- une gêne en position accroupie ;
- une douleur lors des rotations ;
- un gonflement ;
- une sensation d’accrochage ou de blocage.
Une douleur méniscale n’implique pas systématiquement une opération. La décision dépend du mécanisme de la blessure, de l’examen clinique, de l’âge du patient et de la présence éventuelle d’un véritable blocage.
5. La bursite de la patte d’oie
La bursite de la patte d’oie provoque généralement une douleur sur la face interne du genou, légèrement sous l’articulation. Elle peut être aggravée par les escaliers, la marche prolongée ou certains mouvements sportifs.
Cette douleur peut être favorisée par une augmentation de l’activité, une faiblesse musculaire ou une mauvaise gestion des contraintes appliquées au genou.
6. Une ancienne blessure ou une faiblesse musculaire
Une entorse, une opération, une immobilisation ou une période d’inactivité peuvent entraîner une perte de force et de contrôle du membre inférieur.
Le quadriceps n’est pas le seul muscle à prendre en compte. La force des fessiers, le contrôle du bassin, la mobilité de la cheville et la coordination de l’ensemble de la jambe peuvent influencer la manière dont le genou supporte les escaliers.
La localisation de la douleur peut-elle orienter le diagnostic ?
La zone douloureuse apporte des informations utiles, sans suffire à poser un diagnostic :
- douleur devant ou autour de la rotule : syndrome fémoro-patellaire, tendinopathie rotulienne ou arthrose fémoro-patellaire ;
- douleur à l’intérieur du genou : ménisque interne, arthrose ou bursite de la patte d’oie ;
- douleur à l’extérieur du genou : irritation des structures latérales ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale ;
- douleur derrière le genou : irritation musculaire ou tendineuse, kyste poplité ou autre problème à rechercher ;
- douleur diffuse avec raideur : arthrose ou irritation articulaire.
Seul un bilan clinique permet de différencier correctement ces causes.
Faut-il faire une radiographie ou une IRM ?
Une radiographie ou une IRM n’est pas systématiquement nécessaire pour toute douleur au genou.
Le professionnel commence généralement par rechercher :
- l’emplacement exact de la douleur ;
- les circonstances de son apparition ;
- la présence d’un traumatisme ;
- un gonflement ou une raideur ;
- la mobilité du genou ;
- la force musculaire ;
- la stabilité de l’articulation ;
- la manière de marcher, de s’accroupir et de monter une marche.
Une imagerie peut être indiquée en cas de traumatisme important, de suspicion de fracture, de blocage, de symptômes inhabituels ou lorsque le résultat pourrait modifier le traitement.
Quel traitement pour une douleur au genou dans les escaliers ?
Le traitement dépend de la cause identifiée. Dans la majorité des douleurs mécaniques non urgentes, la prise en charge repose sur une adaptation temporaire des contraintes et une rééducation progressive.
Adapter les activités sans arrêter complètement de bouger
Il n’est pas toujours nécessaire d’éviter totalement les escaliers ou le sport. L’objectif consiste plutôt à réduire provisoirement les activités qui déclenchent une douleur importante.
Selon la situation, il peut être utile de :
- diminuer temporairement le nombre d’escaliers ;
- réduire les squats profonds et les sauts ;
- adapter la course ou l’entraînement ;
- utiliser la rampe ;
- monter les marches plus lentement ;
- privilégier provisoirement une activité mieux tolérée.
Le repos complet prolongé peut favoriser une perte de force et rendre la reprise plus difficile.
Renforcer progressivement le genou et la hanche
Les exercices sont choisis en fonction du diagnostic et de la tolérance du patient. Le programme peut comprendre :
- un renforcement du quadriceps ;
- un travail des muscles fessiers ;
- des exercices de contrôle du genou ;
- un renforcement des mollets ;
- des exercices d’équilibre ;
- un travail progressif du squat et de la montée de marche ;
- une reprise graduelle de la course ou du sport.
Pour la douleur fémoro-patellaire, les programmes associant le renforcement de la hanche et du genou sont particulièrement recommandés.
Améliorer la mobilité
Une mobilité insuffisante de la cheville, de la hanche ou du genou peut modifier le mouvement pendant les escaliers.
Le kinésithérapeute peut proposer des exercices de mobilité et, lorsque cela est indiqué, des techniques manuelles pour faciliter le mouvement. Ces techniques constituent un complément : elles ne remplacent généralement pas le travail actif et progressif.
Taping, orthèses et conseils adaptés
Dans certaines situations, un taping de la rotule ou une correction adaptée peut apporter un soulagement à court terme et faciliter les exercices.
Les semelles ne sont pas nécessaires pour tous les patients. Elles peuvent être envisagées après une évaluation précise, notamment lorsque certains facteurs liés au pied influencent les symptômes.
Comment monter les escaliers avec moins de douleur ?
En attendant le bilan ou pendant les premiers jours de traitement, quelques adaptations peuvent aider :
- utiliser la rampe pour répartir une partie du poids ;
- poser tout le pied sur la marche ;
- éviter de laisser le genou rentrer excessivement vers l’intérieur ;
- monter lentement sans prendre d’élan ;
- réduire temporairement les déplacements répétés ;
- éviter de porter une charge lourde dans les escaliers.
Ces conseils permettent de mieux gérer les symptômes, mais ils ne remplacent pas le traitement de leur cause.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une consultation médicale rapide est recommandée si :
- le genou est très gonflé, rouge ou chaud ;
- vous avez de la fièvre ou vous vous sentez malade ;
- vous ne pouvez pas poser le pied au sol ;
- le genou s’est déformé après un traumatisme ;
- vous ne pouvez plus tendre le genou ;
- le genou reste véritablement bloqué ;
- le genou se dérobe et provoque des chutes ;
- la douleur est apparue après une chute ou une torsion importante.
Ces signes peuvent nécessiter une évaluation médicale et éventuellement des examens complémentaires.
En dehors de ces situations, un bilan est conseillé si la douleur persiste, revient régulièrement, limite vos activités ou vous empêche de pratiquer votre sport.
Que peut faire un kinésithérapeute pour votre genou ?
La prise en charge ne consiste pas uniquement à masser la zone douloureuse. Le kinésithérapeute cherche à comprendre pourquoi le genou ne tolère plus certaines activités.
Le bilan peut évaluer :
- la force du quadriceps et des fessiers ;
- la mobilité du genou, de la hanche et de la cheville ;
- la stabilité du membre inférieur ;
- la qualité du squat et de la montée de marche ;
- les habitudes sportives ;
- l’évolution récente de la charge d’entraînement ;
- les objectifs personnels du patient.
Le programme est ensuite adapté progressivement afin de diminuer la douleur, récupérer la force et retrouver les escaliers, la marche ou le sport avec davantage de confiance.



